SON EX JALOUX CRèVE LES QUATRE PNEUS DE SA VOITURE

Dans le Rhône, une jeune femme retrouve deux fois sa voiture avec les quatre pneus crevés, et les soupçons se tournent vers son ex jaloux. De la plainte au tribunal correctionnel, l’affaire prend une tournure bien plus grave qu’une simple vengeance amoureuse.

Retrouver sa voiture avec les quatre pneus à plat en bas de chez soi, deux fois en deux mois, ça ressemble à un mauvais film. C’est pourtant ce qui est arrivé à une habitante d’Anse, dans le Rhône, un matin de 1er mai 2025, alors que son véhicule était simplement garé près de son immeuble, selon Le Progrès. Très vite, un nom s’impose dans son esprit : celui de son ex-compagnon jaloux, qui vit très mal la séparation.

Car pour elle, ces pneus crevés ne sont pas un simple acte de vandalisme anonyme, mais le prolongement d’une rupture qui se passe mal. Jalousie, ressentiment, besoin de garder la main… autant d’éléments qui, dans cette affaire comme dans d’autres, finissent par atterrir devant un tribunal correctionnel. Et là, tout change, car la “petite vengeance” prend soudain les allures d’un vrai délit.

À Anse, quatre pneus crevés et une ex-compagne qui pense à la jalousie

Les faits se déroulent donc à Anse, au nord de Lyon. Le 1er mai 2025 au matin, la conductrice descend de chez elle et découvre sa voiture inutilisable : les quatre pneus sont crevés. Quelques semaines plus tôt, déjà, la même mésaventure était arrivée sur ce même véhicule, stationné au même endroit, près de son immeuble. Deux fois en deux mois, cela commence à faire beaucoup pour un simple hasard, constate-t-elle.

Dans sa plainte, la jeune femme explique qu’elle soupçonne son ancien compagnon, qui ne supporte pas leur séparation, d’avoir agi par jalousie. Un schéma qui revient souvent dans les dossiers de dégradation de voiture par un ex jaloux. À Samer, dans le Pas-de-Calais, un homme de 49 ans a par exemple crevé les quatre pneus de la voiture de son ex-compagne le 18 octobre 2023, tout en la harcelant par SMS agressifs. Il a été condamné à six mois de prison avec sursis, à un stage de sensibilisation aux violences familiales et à verser 735 € pour le préjudice matériel. Un montant qui donne une idée très concrète du prix d’un “coup de colère” sur un train de pneus.

Au tribunal, il nie les pneus crevés, mais la justice rappelle le délit

Dans le dossier d’Anse, l’enquête conduit jusqu’à l’ex-compagnon, âgé de 24 ans. Le mercredi 11 février, il se retrouve à la barre du tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône. Face aux juges, il clame son innocence et nie être l’auteur des dégradations. Il affirme ne pas avoir crevé les pneus de la voiture de son ancienne compagne, malgré les soupçons qui pèsent sur lui. Le tribunal le condamne pourtant à l’issue de l’audience, signe que les magistrats prennent ce type de violences matérielles très au sérieux.

D’autres audiences, ailleurs en France, montrent la même fermeté. À Tarbes, une femme venue tambouriner en pleine nuit à la porte de son ex s’était ensuite vengée en crevant les quatre pneus de sa voiture avec un couteau de cuisine. Elle a écopé de deux mois de prison avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de 18 mois, avec obligation de travailler et d’indemniser la victime. À Alès, un homme décrit comme particulièrement violent avec sa femme a été condamné à 24 mois de prison dont 23 avec sursis, avec bracelet anti-rapprochement et obligation de soins, après avoir notamment crevé les pneus de sa voiture pour l’empêcher de sortir. Dans ces dossiers, l’atteinte à la voiture vient s’ajouter à un climat de violences au sein du couple.

Juridiquement, crever un pneu n’a rien d’anodin. Le Code pénal vise la dégradation volontaire d’un bien appartenant à autrui : un délit passible de deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende, sauf dommage léger. Les juges peuvent aussi ajouter des peines comme un sursis probatoire, un stage de sensibilisation, des interdictions d’entrer en contact avec l’ex-partenaire, voire un bracelet anti-rapprochement lorsque le contexte s’inscrit dans des violences conjugales plus larges.

Pour la victime, au-delà du coût immédiat des pneus et de l’immobilisation de la voiture, ces faits alimentent souvent un sentiment d’angoisse : peur de retrouver son véhicule abîmé, peur de croiser l’ex au détour d’un parking, peur de l’escalade. Dans ce type de situation, les démarches passent en général par des photos des dégâts, un dépôt de plainte, puis une déclaration du sinistre auprès de l’assurance auto. Les affaires d’Anse, de Samer, de Tarbes ou d’Alès montrent une chose très clairement : quand un ex jaloux crève les pneus de la voiture de son ex-compagne, la justice ne parle pas de “bêtise”, mais bien d’un délit qui laisse des traces, sur la voiture comme au casier judiciaire.

2026-02-20T12:42:34Z