FAYE DUNAWAY ET LE MYTHE DE L'ACTRICE DIFFICILE

Network, Chinatown, Bonnie & Clyde… La filmographie de Faye Dunaway a de quoi faire rêver bon nombre de jeunes actrices. Qu’on l’associe au Nouvel Hollywood, dont elle était l’une des figures de proue, ou au nanar culte Mommy Dearest, où elle incarne Joan Crawford, l’actrice américaine a marqué à jamais le grand écran. Dans le documentaire Faye, présenté en avant-première au dernier Festival de Cannes, et prochainement diffusé sur HBO, le réalisateur Laurent Bouzereau tente de percer ce mythe. Qui se cache derrière cette aura glamour et impénétrable ? Cette image de femme forte mais aussi féroce ?

Confessions et lâcher-prise

À l’origine, il y a une amitié. Le cinéaste français Laurent Bouzereau, qui a déjà réalisé des documentaires sur Steven Spielberg ou Natalie Wood, est très proche de Faye Dunaway et de son fils Liam O’Neil. « L’idée était de se faire confiance et de tenter l’expérience », nous confiait-il lors d'une rencontre en mai dernier dans la suite d'un hôtel cannois. Pour Faye Dunaway, assise ce jour-là à ses côtés, « cela a été difficile d'être aussi vulnérable ». À l'écran, tout est une question de lâcher prise. L'exercice d'introspection débute par une simple photo : Faye Dunaway immortalisée par son ex-époux, Terry O'Neill, au lendemain de sa victoire aux Oscars en 1977 pour Network. Son expression blasée, le trophée trônant sur une table en désordre, la piscine du Beverly Hills Hotel en fond… Tous les détails étaient réunis pour rendre ce cliché iconique. Et en faire une bonne base pour faire parler l'actrice de son parcours, des collaborations qui ont marqué sa carrière. « On commence par un gros plan, c'est très cinématographique, souligne Laurent Bouzereau. Puis elle s'ouvre progressivement. C'était très cathartique, même pour moi. Il y a eu plusieurs moments où j'ai pleuré derrière la caméra. Et j'espère que les spectateurs ressentiront ces émotions. »

Briser les stigmates

Mais Faye s'attarde aussi sur la réputation difficile de la star. Son tempérament intraitable transparaît par touche lors de l'interview face caméra, appuyé par des anecdotes sur ses coups d'éclat. Pour la première fois, Faye Dunaway révèle qu'un trouble bipolaire est à la source de ce comportement instable. « J'ai appris qu'il y avait une raison biologique derrière tout cela. Comme je le dis dans le film, il faut prendre la responsabilité de ses actes. Mais cela m'a rendu plus sereine d'avoir une explication, et d'être aussi capable de me soigner. » Partager son expérience est aussi une manière de briser le stigmate autour de la maladie mentale, et de mettre en lumière le double standard dont sont victimes les femmes à Hollywood. « J'ai vu des acteurs qui se comportaient mal sur des tournages. Ils n'étaient jamais blâmés ou stigmatisés, s'insurge Laurent Bouzereau. Comme le dit le réalisateur James Gray dans le film, pourquoi n'a-t-on pas les mêmes discussions sur les hommes ?» Faye Dunaway partage cet avis : « On est moins indulgents avec les femmes. En plus, nous sommes souvent jugées trop émotives ou incontrôlables, donc cela n'aide pas. » Aucun doute que le documentaire de HBO permettra de balayer certains préjugés tenaces.

Faye, prochainement disponible sur HBO MAX.

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