À 30 ans, Christopher Alexandre fait rouler un véritable taxi new yorkais dans les rues de Dijon, sous les regards étonnés des passants. Comment ce yellow cab arrivé de Manhattan va-t-il s’inviter dans la vie des Bourguignons ?
Dans les rues calmes de Dijon, il suffit parfois d’un coup de frein pour créer un attroupement. À peine garé le long du trottoir, ce grand taxi jaune voit les têtes se tourner, les pas ralentir, puis les téléphones sortir. "C’est à vous ? Il est trop beau !" s’exclame un trio d’amis, mi-surpris, mi-amusés, devant cette silhouette qu’ils pensaient réservée aux films américains, selon Le Bien Public.
Car ce n’est pas une simple voiture repeinte en jaune, mais bien un véritable taxi new yorkais qui se promène désormais en Côte-d’Or. Un ancien "yellow cab" qui a vraiment roulé à New York, et qui fait aujourd’hui le show à chaque carrefour dijonnais, au volant d’un passionné de 30 ans qui parle de ce projet comme d’"un rêve de gosse". Et là, l’histoire ne fait que commencer.
Le véhicule de Christopher Alexandre est une vraie attraction roulante. Normal : c’est un authentique taxi jaune qui a circulé à New York pendant cinq ans avant d’être réformé. Après sa carrière américaine, il a été acheté par un Anglais et a servi pour quelques tournages publicitaires et dans le cinéma. Puis l’occasion s’est présentée pour ce Dijonnais de 30 ans, qui n’a pas hésité. Achetée environ 20 000 € en début d’année, cette Ford Crown Victoria de 2011 affiche un peu plus de 190 000 miles, soit environ 306 000 kilomètres. Un chiffre qui illustre la robustesse de ce V8 de 230 ch qui roule à l’éthanol. "C’est un peu mon bébé", confie-t-il au Bien Public. Il raconte qu’il rêve de ce modèle depuis qu’il a 10 ans : "J’ai des cadres et des posters de New York sur lesquels il y a ce modèle de taxi… Et maintenant, je l’ai dans mon garage".
Pour Christopher, conducteur de bus et de cars dans la vie de tous les jours, comme son père avant lui, pas question de transformer son taxi en simple curiosité. Il tient à préserver tout ce qui fait son authenticité. À bord, on retrouve le compteur d’origine, la cloison de séparation entre le chauffeur et les passagers, le monnayeur d’époque, le numéro de licence "2P58" et, bien sûr, l’enseigne lumineuse sur le toit. En parallèle, il a dû se plier aux règles françaises : "J’ai rajouté les répétiteurs de clignotants, la plaque constructeur ; je le réadapte à la réglementation française et européenne. Il était dans un état impeccable quand je l’ai eu en début d’année, mais je le bichonne. Et il est passé au contrôle technique, tout va bien !" explique-t-il. C’était aussi un modèle mythique de la police américaine. "C’était une super voiture, fiable et confortable. Beaucoup d’agents regrettent de ne plus l’avoir depuis la fin de sa commercialisation en 2011", observe Christopher, qui sait que, en Côte-d’Or, plusieurs passionnés possèdent encore cette berline en version voiture de police.
Devant ce "yellow cab" long de 5,70 mètres et large de 2 mètres avec les rétros, les réactions s’enchaînent. Pendant que Christopher répond à nos questions, une maman s’arrête, un peu impressionnée, un enfant à la main. "Vous m’autorisez à prendre une photo de mon fils devant ?" demande-t-elle. Christopher accepte avec le sourire. Et ce genre de scène, il commence à bien connaître. "Je ne me peux pas m’arrêter quelque part sans que l’on vienne me voir, même à la station-service. Mais ça me fait plaisir de donner un peu le sourire aux gens", décrit-il. Son taxi attire les curieux, les nostalgiques des films américains, les fans de voitures et les simples passants. Au point qu’il a ouvert un compte TikTok, @untaxicabdijon, pour partager cette nouvelle vie de son taxi new yorkais entre deux trajets en Bourgogne.
Pour autant, Christopher ne veut pas garder cette Ford Crown Victoria uniquement pour lui. Dans sa tête, les idées fusent : mariages, tournages de films, événements publicitaires ou encore location pour des occasions insolites. Il imagine son taxi en arrière-plan de photos de jeunes mariés, en vedette d’un clip, ou débarquant devant une salle de fête bourguignonne. Parmi les usages qu’il envisage déjà, on retrouve notamment :
- des mariages et séances photo ;
- des tournages de films ou de clips ;
- des événements promotionnels et soirées à thème.
Et même si la voiture est amenée à travailler dans l’événementiel, pas question de s’en séparer un jour. À propos de sa Crown Victoria, Christopher lâche dans un sourire : "Je m’enterrerai avec". De quoi laisser penser qu’on n’a pas fini de croiser ce morceau de New York au détour d’un rond-point dijonnais.
2026-04-04T11:42:37Z