FOYER DARUL MAR’A OU ‘’MAISON DE LA FEMME’’ : UN FOYER AU SERVICE DES FEMMES ET DES JEUNES FILLES DU NIGER

Mme Nana Djoubie Harouna Maty,

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Crée en 2012 dans la région de Maradi, le foyer ‘’Darul Mar’a’’, comme son nom l’indique, est une maison pour la femme. Le foyer était un simple groupement féminin. Avec le temps, ‘’Darul Mar’a’’ est devenu un incubateur qui fait de la formation, de l’insertion professionnelle, de la reconversion, mais surtout de l’incubation des petites entreprises des femmes et des jeunes filles. Aujourd’hui, le foyer de la femme est présent dans les régions de Maradi, Zinder, Tahoua, Agadez, Diffa et Niamey. Dans ce centre d’apprentissage, plusieurs formations sont dispensées aux femmes et aux jeunes filles dans les domaines de l’agro-alimentaire, du textile et du cosmétique.

L’idée qui sous-tend la création de la ‘‘Maison de la femme’’ est le souci d’accroitre les leviers de la formation professionnelle au Niger. « C’était une longue histoire. Nous avons bénéficié de ce qu’on appelait, ‘’la coopération décentralisée Côtes d’Armor Agadez’’. On sélectionne les meilleurs élèves de la région qu’on encadrait et surtout qu’on suivait jusqu’aux études supérieures. Moi, j’ai bénéficié de ce programme-là, et j’ai été formée dans les programmes ‘‘Côtes d’Armor’’ en France où j’ai appris beaucoup de choses, notamment sur la gestion, le développement local, l’entrepreneuriat », confie Mme Nana Djoubie Harouna Maty, la responsable de Darul Mar’a.

Ce centre avait débuté ses activités dans la région de Maradi avec un sous-effectif de sept femmes dont Mme Nana qui assurait la formation. Mais, très vite, elles ont eu la chance d’être appuyées par des partenaires sérieux, notamment la Coopération Suisse. Un partenariat qui a permis à ces femmes d’acquérir de très bonnes expériences. Ce partenaire a d’ailleurs mis à leur disposition des formateurs venus de l’extérieur du pays, notamment de la sous-région où elle faisait des transferts de compétence. « Nous faisons de l’agro-alimentaire, des cosmétiques, du textile, de la menuiserie métallique, de la menuiserie bois, de l’électricité. Mais, nous sommes restées sur ces trois filières. Ce qui fait qu’avec le temps, ‘‘Darul Mar’a’’ a pu développer son réseau des formateurs », explique-t-elle.

Aujourd’hui, a-t-elle fait savoir, ce centre a une capacité de développer toute une industrie sur diverses filières. « Nous pouvons développer des industries textiles, agro-alimentaires et les cosmétiques sur toute la chaine de valeur. Au début, c’est à nous de produire des prototypes pour montrer de quoi nous sommes capables. Notre centre forme des femmes, on incube des entreprises. La majorité des femmes qui font des expositions dans les foires sont les fruits de Darul Mar’a. Nous sommes une sorte d’école pour les femmes », précise-t-elle.

Concernant leur réseau, elle affirme qu’elles sont au moins 48 formatrices de formateurs. En 13 ans d’existence, avec l’avènement des réseaux sociaux, elles ont créé des plateformes qui génèrent beaucoup de followers, et de participantes. Actuellement, elle gère des groupes qui ont plus de 10 000 femmes avec lesquelles elle partage des idées tous les jours.

Au Niger, a-t-elle soutenu, les femmes sont capables de produire divers produits, à savoir des crèmes, des laits, des lotions, des démêlants, du champoing, du gel de douche, du détergent, des savons liquides et solides, des savons pâteux et en poudre, de la pommade pour cheveux et corps, des baumes de nerf, des gels pour massage, des gels antiseptiques, des savons pour gommage, des talcs pour bébé, des lips, (rouge à lèvre), des mascaras et bien d’autres choses encore. Elles sont aussi formées dans les domaines de la transformation, la conservation, l’emballage, en passant par l’étiquetage et la commercialisation. « Notre combat de tous les jours, c’est de trouver du travail à la jeunesse et à la femme »,dit-elle. S’agissant du textile, ces femmes ont la capacité de produire 500 complets par jour, mais avec des moyens dérisoires. « Quand il y a la volonté, tout est possible. Tant qu’on s’organise, on peut faire beaucoup de choses et participer au développement du pays », a-t-elle indiqué.

La responsable de Darul Mar’a a cependant déploré le fait que la majorité de la matière première provient de l’extérieur. « Il faut qu’on fasse le nécessaire en tant que nigériennes pour accompagner nos autorités et faire consommer les produits dérivés du pétrole par les nigériens. Le pétrole a plusieurs dévirés qu’on peut utiliser pour fabriquer beaucoup de choses comme les cosmétiques, la crème, de la paraffine wax, ‘‘de la bougie’’, du petrolium gely, etc ». Malgré leurs grandes ambitions, le manque de moyens constitue un problème majeur pour ces femmes.

Entrepreneuriat, un pilier de développement

Etudiante en production animale, Ali Gambo Roukayatou est une apprenante au niveau de ce centre. Malgré son diplôme, elle préfère être autonome. « Le diplôme seul ne suffit pas, j’ai fait des stages à répétition. J’ai jugé utile de venir apprendre d’autres choses. J’ai commencé il y a trois mois de cela, mais j’ai beaucoup appris. Je suis aujourd’hui dans le domaine de la cosmétique. J’ai appris comment faire des pommades pour cheveux et pour le corps, le champoing et le démêlant, des parfums pour le corps et la chambre, des gels de douche, détergents, gels de main », a-t-elle témoigné. Elle s’est réjouie de ne pas rencontrer une grande difficulté lors de l’apprentissage. « Certes, tout début est difficile, mais avec le temps, j’arrive à bien maitriser les choses. Mon ambition, c’est de continuer à faire la production, même étant à la maison, ou bien de créer ma propre entreprise pour former d’autres femmes », dit-elle.

Quant à Yacouba Issaka Hindatou, une autre étudiante, elle s’est lancée dans la couture pour joindre les deux bouts. « Au début, j’aime simplement bricoler. Le fait de venir ici est un avantage pour moi. Par la grâce de Dieu, j’ai acquis des connaissances. J’ai suivi une formation de six mois ; actuellement, je suis en phase de stage de trois mois. Ce qui me permettra d’avoir une formation de neuf mois », a-t-elle fait savoir.

Elle s’est également réjouie d’être au niveau de ce centre d’apprentissage qui lui a changé la vie. « J’ai beaucoup appris de tout ce qu’on m’a montré. Je sais coudre des hijabs, abayas, des pagnes et basins, des sacs à main. L’avantage est que je n’ai plus besoin d’aller au marché pour payer. J’achète seulement le tissu et je couds pour moi-même et pour ma famille », ajoute-t-elle.

Quant à la responsable de l’entreprise ‘’Azar Ma Shaa Allah’’, Mme Maman Amina Ibrahim, elle évolue dans la transformation agro-alimentaire. Pour bien mener ses activités, elle vient suivre une formation de dix jours pour renforcer ses compétences. « Ce qui m’a motivée à venir à ‘’Darul Mar’a, c’est parce qu’à chaque fois on est en quête de formation, d’apprentissage, et on ne finit jamais d’apprendre. Certes, c’est mon domaine, mais j’avoue que je ne peux pas tout savoir, je suis en quête de savoir. Chaque fois que l’occasion se présente, je saisis l’opportunité. C’était dans ce sens-là que je suis tombée sur le lien de formation de ce centre et je me suis inscrite. J’ai décidé d’approfondir mes connaissances, je dois me parfaire », souligne-t-elle.

Selon elle, la formation était intense. « On a fait la théorie et la pratique. On a fait six jours de théorie et quatre jours de pratique. Elles nous ont montré comment faire les épices et les arômes naturels. Il ya également la manière de mélanger les épices, parce que c’est à travers la formation que j’ai compris qu’il ya des épices qu’on ne mélange pas. Il y a des épices qui ne vont pas ensemble. J’ai aussi appris à faire les épices pour les marinades, les épices pour les différentes sauces, les arômes naturels à base de poulet, de viande de bœuf, de poisson, arome légume. On nous a appris à transformer les farines en pâtes alimentaires. Nous avons appris à faire des jus naturels, semi naturels et chimiques. A ce niveau, chacune est libre de faire son choix. J’ai acquis beaucoup de connaissances que j’applique pour les emballages, l’étiquetage. Cela va me permettre d’améliorer mes produits et c’est un plus pour moi », a-t-elle reconnu.

Farida. A. Ibrahim (ONEP)

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2025-09-04T05:07:02Z